Colorful Prose

Jingle Bells - Caroline HUTTNER

October 16th, 2006 by dani

C’est bientôt Noël, et je déambule perdue dans les allées de supermarché pour acheter les cadeaux de Noël. Sous une musique assourdissante, je grimace devant les prix des décorations, en démêlant les guirlandes pour essayer d’en sortir celle que je veux. Je reste perplexe devant les panneaux vantant les vacances paradisiaques par excellence pour les frileux de Noël, affichés entre les boîtes de conserves, les lessives, les couches culottes et le dernier véhicule japonais.

Et au lieu d’un pas suave et féline sur une plage divine, taquinant les écumes de l’eau avec la pointe de mes pieds exquis, un Daiquiri orné d’un palmier en papier rose à la main à 40° à l’ombre, je me réjouis de partir au ski ramasser des bleus.

J’attaque les – 10° et j’enfile mes petits pieds dans des grosses chaussettes marron, bien épaisses qui grattent. J’arbore mon bonnet de ski criard, très chic sur la tête, mes lunettes anti-brume, anti-tempête, anti-avalanche, à la mode des « Fous de l’Extrême ». Je reprends ma démarche d’automate mal réglé, mais je m’avance, fière comme un coq  en haut de ma piste verte.

Mais il y a aussi les soirées de descente aux flambeaux, emmitouflées dans des d’écharpes et des gants tout humides, les guerres de boules de neige et les courses de luge frénétiques.

Et les soirées raclette aussi, où on se demande comment on peut encore tenir et manger autant, tellement on est déjà épuisé de sa journée.

Ah…La chambre chaude qui clame toute son authenticité. Entre combinaisons, chaussettes, gants et bonnets en tous genres, flanqués là où ils peuvent sécher au mieux pour le lendemain, je me fraie un chemin vers la fenêtre pour enfin admirer les nuits douces et silencieuses du monde blanc. Je m’endors ensuite, physiquement fatiguée d’avoir passé des heures sur une chaise longue, à siroter des vins chauds à la cannelle et aux raisins secs,  à rêvasser.

Alors je continue à m’avancer dans les rayons trop lumineux du supermarché, et je suis contente.

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La Rupture - Stéphaine MICHELIN-NOUBEL

October 16th, 2006 by dani

à X.

C’était une liaison singulière comme on en vit parfois, à l’aurore des légendes.

Dans les hasards de mes éveils nocturnes, je me demandais où était la ligne d’arrivée de nos olympiades amoureuses, brûlantes et destructrices.

Nous nous aimions,
nous nous blessions,
nous nous quittions,
nous nous manquions,
nous nous aimions,
nous nous blessions,

La marguerite de notre amour était toujours aussi vivace, mais nous l’avions décidément trop effeuillée.

Au matin d’un dimanche qui s’enlise, les cernes sous les yeux se dessinant peu à peu, toujours plus profondes, on ne voit alors plus rien que l’ombre de soi-même dans un décor sentimental de champ de batailles et de passions dévasté.
La raison l’emporte ; on décide d’arrêter.

Les sentiments s’emmêlent dans un désordre obscur où la souffrance trône, mais on le sait, il faut le faire, il faut en finir, il faut le lui dire…
Les mots s’égrènent au rythme de la rupture et à mesure qu’ils me libèrent de cette folie amoureuse, ils me volent aussi mon souffle de vie.

Au lendemain de cette séparation, le jour s’est levé sur mon corps solitaire, insatisfait, en mal de caresses—de tes caresses—,en mal de rêves et d’espoir. Le visage éclaboussé de larmes, j’étais malade de toi au milieu des plaies de ce trop vieux monde, mais je devais survivre…

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Les joies de la douleur - JSS

October 16th, 2006 by dani

En 1990, après une longue période de convalescence, je m’ouvrais à nouveau à la vie. J’étais encore jeune et avais énormément d’amour à donner. Ainsi, je fis la connaissance d’un homme dont je tombais éperdument amoureuse. Ce fut comme un ouragan. Dès notre rencontre, ce fut l’osmose car rien ne nous séparait, nous aimions et avions le plaisir de recevoir, de marcher, de danser, d’écouter de la musique et surtout de faire découvrir à l’autre différentes formes de cultures. Un seul regard suffisait à cette époque pour nous comprendre. Read the rest of this entry »

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Le Secret des Prunes Sauvages

October 10th, 2006 by dani

Je peux encore sentir la douceur des prunes sauvages qui poussaient dans ton jardin quand nous étions trop jeunes pour savoir si nous serions amis. L’arbre était tellement chargé de fruits que le poids en tirait les branches vers le sol pour former les murs de notre sanctuaire. Nous étions contents, cachés tout l’après-midi à l’intérieur de notre igloo de verdure, toi assis sur une branche, face à la route, moi sur une autre, face au champ. Notre conversation innocente remplissait notre refuge-caverne ; la chair douce des prunes au goût âpre remplissait nos ventres. Le fruit était réchauffé par le soleil et tellement éclatant de promesses que la peau lisse et soyeuse explosait d’un « pop » quand on mordait dedans. Le jus coulait le long de nos mentons bronzés ; la poussière s’accrochait à nos mains collantes.

Je cherchais ta compagnie dans les ombres, toi, le garçon d’à côté, aux cheveux blonds roux et au nez soupoudré de taches de rousseur. Mes sentiments envers toi n’ont jamais été amoureux, mais, d’une certaine façon, je me sentais rassurée de me retrouver auprès de quelqu’un qui partageait la même rue, quelqu’un venu au monde juste sept jours après moi, un compagnon de circonstance. Une enfance pittoresque, vue de l’extérieur, diraient certains.

Mais, ton bégaiement te trahissait. Quelque chose t’empêchait de raconter…T’interdisait de crier ton martyre…Te contraignait à contrôler chaque syllabe avant de t’affirmer. Read the rest of this entry »

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