Colorful Prose

Colère… pas le temps pour toi… – Catherine JEGOU

December 6th, 2006 by dani

Qu’importe hier, qu’importe demain,
Hier est révolu déjà, demain ne viendra peut-être pas.
L’instant présent suffit à l’existence,
Ne laissons pas la colère le figer, l’amputer de son sens.
Nous avons manqué, nous n’avons pas su,
On nous a trahi, nous avons maudit cette évidence,
Mais à présent il s’agit de gagner sur le temps perdu,
Retrouver confiance, retrouver nos sens…

Le pouvoir d’un sourire sur un éclat de voix,
La caresse d’une main sur un geste maladroit.
La colère accroche le passé mais ne résout pas
La paix remet en ordre ce qui est dérangé,
La douceur apaisera la violence sans crier.

Aujourd’hui est à portée de choix,
Choisir l’indulgence plutôt que le combat,
Entreprendre de bâtir plutôt que de détruire,
Oublier ce qui pince, ce qui brûle, ce qui fane,
Ouvrir la porte pour qu’entre la lumière de l’âme,
Regarder, jouer avec les couleurs tel un chat,
Peindre la vie avec le regard et les doigts,
Désintégrer la rancœur et réhabiliter la foi…

Hier est passé, demain pas encore là,
Rien ne sert de gâcher, la colère ne résout pas….

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L’Alphabet se rebelle en 2006 – Fabienne DAUTREVAUX

December 5th, 2006 by dani

Ah, assez d’être dérangés pour rien !
Basta !
Croupissez dans vos non-dits !
Donnez nous le temps d’être là !
Enfoncez-vous dans votre imaginaire !
Faites de nous une fête, faibles créatures !
Guérissez vos âmes impures !
Hissez à la gloire nos forces éphémères !
Inventez chaque jour un mot nouveau !
Jouissez de nos pleins et de nos déliés !
Kafkaïen, soyez libres de vos écrits !
Louez l’effet souhaité !
Maîtrisez vos émotions !
Nouez nous sans nous maltraiter !
Osez l’inracontable !
Phantasmez sur nos formes !
Quémandez toujours plus de nous !
Riez de vos contes !
Soyez vous et personne d’autre !
Touchez-nous !
Usurpez vos droits pour nous libérer !
Vomissez votre haine orale !
Wagnérien de la littérature !
Xénophobes de nos confrères étrangers,
devenez xénophiles !
Yankees nous resterons devant vos pages blanches
Zadig de vos destinées !

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Faire le point – Jean CAMPION

December 4th, 2006 by dani

Ai-je joué mon rôle et gagné ma victoire,
Recherchant chaque jour de pompeux lendemains ?
Qu’ai-je fait de ma vie ? Quelle incroyable histoire
De vouloir tout donner ! Je n’ai rien dans les mains…

Au banquet de la vie, tu te sens peu de chose !
Si l’opulence est là : profite du festin !…
Demain, tous tes amis te feront porte close
Quand s’abattront sur toi les revers du destin.

On est si peu de chose. On a ce que l’on donne
Et même l’être aimé t’est bien peu de secours :
Elle recherche en toi, cette triste Madone
Tout ce qui manque encore à ses propres atours.

On est si peu !… Pourtant, on ne sait pas se taire.
Avant de s’éclipser, on veut laisser un nom,
Laisser un peu d’amour, ou mieux quelque mystère,
Même si nos enfants n’en tirent rien de bon.

Que leur importe au fond ces moments de démence,
Où je me suis offert au rire du prochain ?
N’aurais-je pas mieux fait, avec plus de décence,
De me mordre la lèvre et noyer mon chagrin ?

J’ai voulu tout chanter et tout mettre en poèmes :
Chanter ce qui est beau, décorer la noirceur.
Même si j’ai médit sur d’épineux problèmes,
C’est que la dureté parfois marquait mon cœur.

Si je t’ai fait pleurer sur le mot « solitude »,
Si je t’ai fait rêver aux temps du verbe « aimer »,
Esquisser un sourire à mes « Béatitudes »,
Je peux larguer l’amarre et aller m’abîmer !

Quelques fois, j’ai chanté, le regard plein de larmes,
La beauté d’un décor que je ne voyais pas.
Je remercie ma Muse, amie pleine de charmes
Qui même en ces jours-là venait guider mes pas.

Je me suis vu, un jour, sombrer dans la prière
Sur des « De Profundis » qui me laissaient sans voix,
Implorer le Divin pour quelque mensongère…
Qu’il fallait donc, mon Dieu, être descendu bas !

Qu’importe les regrets ? Je sais bien que ma course
S’arrêtera bientôt. C’est fini !.. A Dieu va !
Pourtant, je voudrais bien, quoiqu’à bout de ressource
Pouvoir me retirer sur un « Alléluia » !…

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Colère ? – Fabienne DAUTREVAUX

December 3rd, 2006 by dani

Je ne peux pas écrire sur la colère ! Je trouve toujours des circonstances atténuantes à tout à chacun, mais sur la méchanceté, oui ! Je peux ! La méchanceté gratuite, celle qui vous touche, vous transperce à jamais, celle qui est distribuée quand vous avez défini, pour je ne sais quelle raison, le rôle à jouer pour la recevoir, celle-là, oui ! Je l’ai vue, l’ai entendue, je l’ai reçue ! Incarnée dans la bouche de cette vieille carcasse pas concupiscente, mais pissante surtout ! C’est sûr ! Assise sur le fauteuil de rotin, qui dix ans plus tard serait celui d’Emmanuelle ; elle détenait les mots justes et précis qui allait à jamais me faire réfléchir jusqu’à ce jour. Armée comme une guerrière derrière ses yeux toujours aussi vifs, malgré ses quatre-vingt-dix ans ! Elle avait dû réfléchir longuement avant de lancer sa bombe à retardement « Vas t’en chameau ! »

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Colère, mon amie… – Catherine JEGOU

December 2nd, 2006 by dani

La colère n’a rien d’une alliée, mais elle apaise.
Sans elle, il semble parfois impossible de dire « non ».
Elle est la négation dans sa plus parfaite expression
Le moyen d’inverser, de contrarier la frustration,
De percer au cœur l’ennemi le plus sincère
De parler d’amoure pour s’être trompé d’amour
De perdre le contrôle pour retrouver la route
Et de s’apaiser la paix retrouvée…

La colère atterre, la colère attendrit,
Elle se joue de nous comme de l’ennemi
Elle mène son jeu sans souci des règles
Commande, impose et met le feu sans trêve.
Sa mission, détruire, exploser, contredire,
Montrer du doigt, accuser et maudire.
Si elle est contrôlée, tu as tous les droits
Sers-en comme d’un ultime combat.

La colère, je l’ai vaincue sans victime
J’ai puisé dans sa rage pour éviter le crime
Epousé sa puissance pour en faire ma force
Pour éclairer mon âme blessée qui s’accroche
J’ai évité le pire, la haine, pour reconstruire
Sur les ruines même d’une bataille sans plaisir
Un havre de paix qui se suffit d’un nom
Que l’on peut résumer par un simple « pardon ».

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