La Rupture – Stéphaine MICHELIN-NOUBEL
dani
à X.
C’était une liaison singulière comme on en vit parfois, à l’aurore des légendes.
Dans les hasards de mes éveils nocturnes, je me demandais où était la ligne d’arrivée de nos olympiades amoureuses, brûlantes et destructrices.
Nous nous aimions,
nous nous blessions,
nous nous quittions,
nous nous manquions,
nous nous aimions,
nous nous blessions,
…
La marguerite de notre amour était toujours aussi vivace, mais nous l’avions décidément trop effeuillée.
Au matin d’un dimanche qui s’enlise, les cernes sous les yeux se dessinant peu à peu, toujours plus profondes, on ne voit alors plus rien que l’ombre de soi-même dans un décor sentimental de champ de batailles et de passions dévasté.
La raison l’emporte ; on décide d’arrêter.
Les sentiments s’emmêlent dans un désordre obscur où la souffrance trône, mais on le sait, il faut le faire, il faut en finir, il faut le lui dire…
Les mots s’égrènent au rythme de la rupture et à mesure qu’ils me libèrent de cette folie amoureuse, ils me volent aussi mon souffle de vie.
Au lendemain de cette séparation, le jour s’est levé sur mon corps solitaire, insatisfait, en mal de caresses—de tes caresses—,en mal de rêves et d’espoir. Le visage éclaboussé de larmes, j’étais malade de toi au milieu des plaies de ce trop vieux monde, mais je devais survivre…
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